Chauves-souris dans les combles : espèce protégée, ce que dit la loi et comment sécuriser sans les tuer

Chauves-souris dans les combles : espèce protégée, ce que dit la loi et comment sécuriser sans les tuer

Des chauves-souris dans les combles, ce n’est pas un dossier à régler dans la précipitation. En France, elles sont protégées par la loi, et l’arrêté du 23 avril 2007 interdit leur destruction, leur capture et l’atteinte aux gîtes occupés. (legifrance.gouv.fr)

La bonne réponse consiste à observer, attendre la bonne fenêtre d’intervention et sécuriser seulement après le départ naturel de la colonie. La SFEPM et la LPO recommandent de travailler hors des périodes d’occupation et de préserver l’accès aux combles quand ils abritent des chiroptères. (sfepm.org)

Ce que dit la loi sur les chauves-souris dans les combles

En France, on dénombre 36 espèces de chauves-souris, toutes protégées. Le texte de référence interdit, sur tout le territoire métropolitain, la destruction, la mutilation, la capture, l’enlèvement et la perturbation intentionnelle des animaux, ainsi que la destruction, l’altération ou la dégradation de leurs sites de reproduction et de repos. (auvergne-rhone-alpes.lpo.fr)

« la destruction, la mutilation, la capture ou l’enlèvement »

Autrement dit, un comble occupé n’est pas un simple “refuge gênant” : c’est un gîte protégé. Pour aller plus loin sur le cadre juridique des cas où une espèce protégée est présente dans un bâtiment, lisez notre article sur les espèces protégées et le droit de traiter.

En pratique, cela veut dire qu’on ne “fait pas partir” une colonie à coups de bricolage, de fermeture hâtive ou de produit chimique. On raisonne en cohabitation, en calendrier et en sécurisation du bâti.

Comment reconnaître une colonie de chauves-souris dans les combles

Les indices les plus fréquents sont discrets : petites crottes noires au sol ou sur les murs, sorties au crépuscule, et passages répétés derrière un volet, sous des tuiles, au niveau d’une génoise, d’une poutre ou d’un joint de dilatation. Les crottes ressemblent à des grains de riz et s’effritent en petits fragments brillants quand on les écrase.

Les signes qui doivent vous alerter

Indice observé Ce que cela suggère Réflexe recommandé
Petites déjections noires sur le plancher ou le mur Présence probable d’un gîte fréquenté ; le guano se désagrège en petits morceaux brillants quand on l’écrase. Évitez le balayage à sec et confirmez la présence à distance, sans toucher au passage.
Allées et venues à la tombée de la nuit La colonie quitte souvent le gîte au crépuscule puis revient plus tard. Notez l’heure, le nombre approximatif d’animaux et la zone de sortie.
Accès discrets derrière un volet, une tuile ou une fissure Les chauves-souris utilisent volontiers de petites ouvertures dans le bâti. N’obstruez rien tant que vous n’avez pas vérifié qu’aucun animal n’en dépend encore.
Période de mai à septembre Les femelles se rassemblent souvent dans les combles pour mettre bas et élever les petits. (sfepm.org) Évitez toute fermeture ou travaux lourds sans appui spécialisé pendant cette période.

Bonne nouvelle : ce ne sont pas des rongeurs, elles ne rongent ni les câbles ni l’isolation. Le vrai sujet est donc la cohabitation avec un gîte protégé, pas une dégradation matérielle comparable à celle d’une infestation de rongeurs.

Que faire dès la découverte d’une chauve-souris ou d’une colonie ?

  1. Si une chauve-souris est seule dans une pièce, fermez la porte, ouvrez grand la fenêtre au crépuscule et laissez-la sortir ; en journée, mettez-la dans une boîte aérée et gardez-la à l’écart des animaux si elle ne repart pas d’elle-même.
  2. Si une colonie est suspectée, observez sans toucher, repérez les traces et le point de sortie, puis prenez de la distance.
  3. Si les femelles occupent les combles entre mai et septembre, ne cherchez pas à fermer l’accès vous-même. C’est la période la plus sensible pour les jeunes.
  4. Si vous localisez la colonie et qu’un jeune est présent, il doit rester proche du groupe ou être aidé par un réseau spécialisé ; la SFEPM et la LPO rappellent qu’il faut éviter toute fuite de la colonie.
  5. Si la situation est ambiguë, appuyez-vous sur le réseau SOS Chauves-souris ou sur la LPO locale pour identifier l’espèce et la bonne conduite à tenir.

Le bon réflexe, dès le départ, est de ne rien faire d’irréversible. Les associations spécialisées insistent sur le calme, l’observation et la préservation du gîte tant qu’une occupation active n’a pas été clarifiée.

Sécuriser sans les tuer : la méthode la plus sûre

Pour sécuriser un comble sans porter atteinte à la colonie, la priorité est simple : intervenir hors présence, conserver quelques disjointements utiles si l’on souhaite cohabiter, ou prévoir un accès adapté après le départ naturel. La SFEPM recommande explicitement de réaliser les travaux hors des périodes où les chauves-souris sont présentes, d’utiliser des produits non toxiques pour la charpente et de préserver l’accès aux combles et aux caves. Cette logique s’inscrit dans une approche de lutte intégrée (IPM), où la prévention passe avant toute action matérielle.

Ce qu’un particulier peut faire lui-même

  • Repérer les traces, photographier les accès et noter les horaires de sortie sans s’approcher du gîte.
  • Reporter toute fermeture tant qu’une occupation active n’est pas exclue, surtout au printemps et en été.
  • Préserver le calme autour du point d’entrée et éviter tout démontage “pour voir”.
  • Préparer, avec un spécialiste, un accès adapté ou une solution de cohabitation si le bâtiment doit rester favorable aux chiroptères.

Ces gestes sont simples, mais ils font toute la différence : ils laissent la colonie terminer son cycle et permettent ensuite une sécurisation propre du bâti.

Ce qui relève d’un professionnel

Dès qu’il faut nettoyer un comble souillé, retirer du guano ou utiliser des produits biocides, la partie hygiène devient réglementée. Le ministère rappelle que les biocides sont encadrés par le règlement (UE) n° 528/2012, et l’arrêté du 9 octobre 2013 impose un certibiocide nuisibles pour certains produits professionnels ; l’ANSES délivre les autorisations de mise sur le marché. (ecologie.gouv.fr)

En pratique, le bon périmètre d’un professionnel, ici, c’est le diagnostic des accès, la sécurisation du bâti et la remise en état sanitaire après départ naturel de la colonie. C’est précisément le point de rencontre entre respect de la faune, hygiène du lieu et bonne méthode.

Les erreurs fréquentes à éviter

  • Fermer un accès sans vérifier si des jeunes sont encore présents, ce qui peut piéger la colonie.
  • Utiliser des produits chimiques pour “faire fuir” les animaux, alors que la réglementation des biocides est stricte.
  • Manutentionner une chauve-souris à mains nues au lieu d’utiliser une protection adaptée.
  • Traiter les combles comme un simple problème de rongeurs, alors que les chauves-souris sont des espèces protégées.

Ces erreurs sont précisément celles que la LPO et la SFEPM cherchent à éviter : les premiers gestes doivent protéger l’animal, le gîte et le calendrier des travaux. (lpo.fr)

Guano et remise en état après départ naturel

Après le départ naturel de la colonie, la question du guano peut enfin être traitée proprement. La LPO rappelle que les déjections de chauves-souris s’effritent en petits fragments brillants, tandis que la SFEPM indique qu’en France et en Europe le guano des chauves-souris ne représente pas de risque sanitaire. En revanche, dès qu’un biocide professionnel est utilisé pour la désinfection, la réglementation s’applique.

Autrement dit, on ne nettoie pas à la hâte pendant l’occupation, mais on organise une remise en état après le départ réel de la colonie, avec des méthodes adaptées au niveau de souillure du comble.

FAQ

Les chauves-souris dans les combles sont-elles protégées par la loi en France ?

Oui. En France, toutes les chauves-souris sont protégées, et l’arrêté du 23 avril 2007 interdit notamment leur destruction, leur capture, leur enlèvement et la dégradation de leurs gîtes. Cela signifie qu’on ne traite pas une colonie comme un nuisible ordinaire. Le bon réflexe est de protéger l’animal, d’observer la situation et de faire appel à un réseau spécialisé pour choisir la bonne conduite à tenir.

Que faire si on découvre une colonie de chauves-souris dans les combles de sa maison ?

Commencez par ne rien fermer et ne rien démonter. Observez à distance, notez les points de sortie et la période de l’année, puis contactez le réseau SOS Chauves-souris ou la LPO locale pour confirmer la présence et définir la suite. Entre mai et septembre, la prudence est renforcée, car les femelles occupent souvent les combles pour mettre bas et élever les jeunes. C’est la période où une erreur de calendrier peut causer le plus de dégâts.

Est-il interdit de détruire les gîtes des chauves-souris ?

Oui, lorsque le gîte est utilisé comme site de reproduction ou d’aire de repos. Le texte interdit non seulement l’atteinte aux animaux, mais aussi la destruction, l’altération ou la dégradation des sites occupés lorsqu’ils sont effectivement utilisés ou utilisables. En pratique, cela vise les combles, toitures, fissures ou volets servant d’abri. Si des travaux sont vraiment nécessaires, ils doivent être préparés dans un cadre adapté, pas improvisés sur place.

Comment éloigner les chauves-souris des combles sans les tuer et sans les blesser ?

On ne cherche pas à les chasser par la force quand la colonie est active. La méthode la plus sûre consiste à attendre le départ naturel, à intervenir hors période d’occupation et à sécuriser ensuite l’accès avec une solution adaptée au bâti. La SFEPM recommande de préserver les accès ou de les adapter selon le projet, plutôt que de bloquer brutalement les animaux. Pour une chauve-souris isolée, l’objectif est simplement de lui permettre de ressortir calmement.

Quelles sont les obligations légales pour les particuliers et les municipalités concernant les chauves-souris dans les bâtiments ?

Les obligations de protection s’appliquent à tous : particuliers, copropriétés et collectivités ne peuvent pas détruire ou dégrader un gîte occupé. Pour les bâtiments publics, la bonne pratique consiste à faire un diagnostic avant travaux, à programmer les interventions hors période de présence et à préserver, autant que possible, les accès utilisés par les chauves-souris. Si des produits biocides sont nécessaires pour l’hygiène du site, ils relèvent en plus d’une réglementation spécifique.

Ces informations sont générales et ne remplacent pas un avis personnalisé en cas de doute juridique, sanitaire ou technique.

Et maintenant ?

Si vous suspectez une colonie ou si vous préparez des travaux en combles, commencez par relire notre guide sur les espèces protégées et le droit de traiter, puis revenez vers la page d’accueil de Clean On pour demander un diagnostic des accès et organiser une remise en état après départ naturel de la colonie.

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